On peut guérir les maladies, mais non point le destin.
Proverbe chinois

Ça nous fait une belle jambe !

Où l’on agite ses bras plus vite que la musique.

Jean-Baptiste Lully, Te Deum, 1677, interprété par Chœur de Chambre de Namur, dirigé par Leonardo García Alarcón, 2020

1686, dans une église parisienne. L’édifice résonne d’une musique grandiose. Le compositeur Jean-Baptiste Lully dirige plus d’une centaine de musiciens. Il ne se doute pas que ce concert va lui être fatal…

C’est pour célébrer la guérison "miraculeuse" du roi Louis XIV que Lully joue l’une de ses créations. Le musicien florentin a donc choisi un Te Deum, un type de composition destiné à remercier Dieu. Armé de sa canne pour marquer les temps, Lully, par excès de zèle ou d’impatience, rate son coup… et se frappe violemment le pied !

C’est le début de la fin pour le pauvre compositeur. L’orteil s’infecte et entraîne une maladie grave : la gangrène. Un médecin l’incite à se faire amputer, mais Lully refuse fermement.

Car Lully, grand musicien, est également un danseur de talent. S’il accepte l’amputation, il ne pourra plus jamais danser. Mais ce choix lui coûte la vie quelques mois plus tard. La gangrène gagne tout le pied, puis la jambe… Dire que tout cela est parti d’un concert pour la guérison du roi !

Paul Mignard, Portrait de Jean-Baptiste Lully, 1650-1700, huile sur toile, 66 x 56 cm, Musée Condée, Chantilly