Ce violoncelle ferait le désespoir des luthiers.
Maurice Maréchal

À la guerre comme à la guerre

Où l’on fait de la musique avec un bout de porte.

Emmanuelle Bertrand jouant sur la copie fidèle du violoncelle dit "le poilu", Philharmonie de Paris, via YouTube

Voilà un violoncelle avec une drôle d’allure ! Au lieu des habituelles formes arrondies de ses semblables, cet instrument-là est bien anguleux. Pourquoi une silhouette pareille ?

L’histoire de ce violoncelle commence au début de la Première Guerre mondiale. Maurice Maréchal, un violoncelliste renommé de tout juste 22 ans, est appelé à se battre.

Sur le front, deux copains de son régiment, menuisiers dans le civil, décident de lui fabriquer un instrument de musique. Mais il faut faire avec les moyens du bord. Pour le bois, ils utilisent par exemple des restes de caisses de munitions allemandes et un bout de porte !

Malgré son aspect rudimentaire, le violoncelle sonne juste. Mieux : il produit un beau son, grave et chaud. Maréchal, séduit, ne quitte plus son instrument, qui le suit pendant toute la guerre. Entre les combats, Maurice Maréchal joue "assis sur une pierre, quelques soldats debout en rond..."

Aujourd’hui, l’instrument est trop fragile pour être joué. Il est donc conservé sagement au Musée de la musique à Paris. Mais une copie fidèle existe, ce qui permet d’avoir une idée des sons qu’émettait ce violoncelle unique en son genre, lorsqu’il résonnait au cœur des tranchées…

Maurice Maréchal et son violoncelle "le poilu", Musée de la musique, Paris. Photo : Musée de la musique